Billet d'humeur du jeudi J-1825...

Publié le par Patrick PROFIT

Prenons tout d'abord conscience d'un fait important dans la campagne que nous venons de mener. Ce n'est pas Sarkozy ni l'UMP qui ont gagne, c'est une fois de plus la gauche qui a perdu. Nous avons reproduit à l'identique mais pas pour les mêmes raisons les conditions de l'échec cuisant de 2002. Pourtant nous avions les meilleures cartes, la meilleure chance boostée par cette fameuse alternance qui aurait du être. Mais nous avons été timides dans nos différentes attaques à l'encontre du candidat Sarkozy, surtout en matière de bilan, surtout en matière de passif. Certains que j'éviterai de citer ici, se trompant de cible et préférant s'acharner sur le bilan Chirac.

Oui je le répète haut et fort, l'appareil du PS a fait défaut, ce n'est pas la seule raison de notre échec mais c'est la principale. Certains diront que notre candidate a commis beaucoup d'erreurs, certes, mais Sarkozy aussi! Il avait par contre, sauf dans de rare occasion, l'avantage de ne pas avoir le systématisme des attaques virulentes dont a " bénéficié " Ségolène.

Mais cela ne suffit pas, alors que s'est-il passé, si ce n'est que cela se passe encore maintenant. De mon point de vue, le PS et c'est antinomique, s'est considérablement embourgeoise, victime peut-être des résultantes de ce que l'on a appelé la "gauche caviar" sous l'ère mitterrandienne. Il suffit pour appuyer ce constat de regarder certains dirigeants et pas des moindre, Molière en aurait fait ses choux gras, en regardant cette poignée de bourgeois pseudo humaniste évoluer avec pour unique leitmotiv celui de préserver ses privilèges acquis, le tout animé d'une ambition démesurée. Je suis certes un peu dur mais certainement pas loin de la vérité.

Il suffit de regarder pour se rendre compte de tout ce qui se passe et ce, à tous les échelons de l'appareil du parti. Cet état d'esprit qui anime la tête se traduit partout dans le mouvement. Une petite parenthèse avant d'aller plus loin, ceux qui nous ont fait le plus de mal dans cette campagne, à leur décharge de façon non intentionnelle, sont les responsables DA qui étaient candidats à une élection quelconque, et notamment aux législatives, ils nous ont inciter à nous intégrer et à suivre les règles d'un parti démissionnaire de peur de perdre ces privilèges que le PS leur avait octroyé : "mauvais calcul et il s'en rendront compte après la déculottée annoncée de la prochaine échéance".

Bref, j'en reviens à cette fameuse déclinaison malsaine de l'appareil. Je peux en parler librement car je l'ai vécu, car cette campagne je l'ai mené dans tout le département des Hauts de Seine. Le petit Sarkoland, un laboratoire de ce qui nous attend au niveau national. Outre le fait d'avoir vu, encore une fois timidement, les attaques de nos dirigeants locaux a l'encontre de notre adversaire, je me suis aperçu très vite que ce manque de "gnack" correspondait en fait a la préservation d'acquis individuels et a une transposition sur ce que l'on pourrait avoir plus tard.

Oui le PS a perdu son âme, la passion qui l'animait s'est transforme en une série d'ambitions malsaines et trop souvent personnels. Certains ont oublie que dans socialisme il y a cette dimension sociale, à croire que les cordonniers sont les plus mal chausses mais a ce point...

N'avez vous jamais rencontré un secrétaire de section qui sous une forme de diktat cloisonnait tout, d'un maire autocratique qui avait établi un chantage psychologique sur ses conseillers municipaux socialistes à tel point que ces derniers ne remettaient plus en causes ni ses excès ni ses erreurs, de candidat aux législatives qui n'acceptaient aucune remise en cause d'eux même ou de premier fédéral tellement cumulard qu'on pourrait se demander si il n'a pas plusieurs clones pour assurer ses multiples responsabilités.
 
Oui notre parti a perdu son essence originelle, elle est remplacée par des acquis de mandarin. Et l'histoire est un éternel recommencement mais a contrario de la "révolution française" il n'y a plus, dieu merci, de guillotine. Il n'existe plus cette solidarité qui faisait l'âme du PS, j'ai entendu Robert Badinter, non sans humour, expliquer lors d'un débat du changement je cite "si vous avez en face de vous trois socialistes vous aurez trois courants mais ils s'uniront sans problème pour le combat final". Si je n'avais pas énormément de respect pour ce monsieur, je m'oserai a dire que papy fait de la résistance.

Ce vous avancez est vrai monsieur Badinter, mais cela se passait du temps des dinosaures (rien avoir avec les éléphants) c'est à dire de 71 à 81 ou plutôt 83, après ce ne fut depuis notre plus jeune premier ministre de la France qu'une succession d'individualité.

Alors dans cet état d'esprit peut on blâmer un Bernard Kouchner et d'autres, non car Bernard dans le cadre d'une législation de gauche, n'aurait jamais eu le privilège d'occuper ce poste, on ne lui aurait peut être même pas proposé, il n'y a qu'a droite que l'on propose ce ministère à d'anciens médecins, non je plaisante!

Un petit peu de sérieux, plus clairement notre parti est malade de cela et ca touche même nos propres fondations, celle de Jaurès entre autres (je le cite car ces derniers temps il revient à la mode). Le seul moyen de nous en sortir est de casser cet individualisme qui dépasse tout entendement, qui détruit jusqu'à nos propres valeurs.

Il faut tout raser et reconstruire. Nos électeurs en ont assez des maires de Sarcelles qui habite Porte de Passy, marre des leaders qui trainent dans leur besace moult casquettes et qui continuent à traverser tout les extrêmes du parti sous prétexte d'avoir mangé des carottes râpées en regardant la Star' AC en prétextant à chaque fois qu'ils ont, comme notre heureux adversaire, changé.
 
Insupportable aussi le comportement d'un premier secrétaire qui faute de trancher, ménage chèvre et choux, pensant après avoir certainement consulté un shaman, que si il se maintient son heure arrivera peut être.

Cher(e)s camarades cher(e)s ami(e)s, nous ne sommes plus a l'heure de la recomposition mais a celle de l'éradication et une fois ce ménage fait, peut être pourrons nous à nouveau reprendre ces anciennes compétences, mais avec un autre état d'esprit...

Bien à vous
Patrick Profit

Publié dans Billet d'Humeur

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Isabelle 18/05/2007 08:34

Tu voulais qu'elle fasse quoi, qu'elle fasse allégeance à ces deux "compétiteurs" comme disait le mangeur de carottes rapées (pourtant en général ça rend aimable), je ne te ferai pas l'affront de te rappeler son discours d'investiture, en grand observateur de la vie politique que tu es, tu te souviens surement qu'elle a fait appel à tous... mais sans doute ne l'a-t-elle pas dit dans une colère saine, seul moment où on l'écoute...Rassembler ne veut pas dire se coucher, je ne pense pas que Mitterrand ait eu cette attitude à quelque moment que ce soit... c'était un tueur, demande à ton ami Rocky Balbultiant... L'erreur de Ségolène a sans doute été d'avoir fui le conflit (manque de temps, naïveté? elle seule pourra le dire) et nous avec, quand les attaques étaient virulentes de notre camp, Flanby aurait du trancher, mais il ne le sait pas, tu sais ce qu'on dit trop bon, trop c...Que n'a-t-on entendu autant d'acerbes critiques, de virulentes attaques quand l'albinos a fui le navire en pleine tempête... Non!!!!!!! cinq ans après on le plébiscite, on se raccroche à lui.Le PS est un parti de mec ultra macho qui sont plus arriérés que nos adversaires de droite, je suis désolé de te le dire.Mais je suis d'accord avec toi, laissons le PS à ces mammouth empruntés, que Ségolène prennent le large avec toutes ses troupes, qu'on vous laisse entre vous, le spectacle de vos querelles est ce qu'il nous restera de plus amusants dans les 5 ans à venir !

le saule pleureur 18/05/2007 00:01

Peut-être qu'à un moment, il faut aussi se dire qu'on reconnaît un grand dirigeant à sa capacité à rassembler. Incontestablement, ségolène n'a pas eu cette capacité. Il faut sans doute être fourbe comme M. le président François Mitterrand ou Sarko pour oublier les rancunes, les critiques et s'allier à ses ennemis d'hier.Pour moi, la première faute politique de ségolène, c'est de n'avoir pas lancer un appel au rassemblement le soir de sa primaire victorieuse. A titre indicatif, c'est ce que font les candidats victorieux des primaires démocrates et républicaines.Peut-être désormais vaudrait-il mieux libérer le PS de Ségolène...plutôt que Ségolène du PS.