Ca commence...

Publié le par LIBERONS SEGOLENE

«L 'embrassez-vous ?» interroge brutalement la question 15, qui complète plus loin : «Fouillez-vous ses affaires personnelles ?» La 24 demande si l'un des membres de la famille «a déjà eu l'habitude de vérifier, compter ou nettoyer de façon répétitive». «Au cours de l'année écoulée, lit-on à la question 30, combien de fois avez-vous eu besoin d'un premier verre pour pouvoir démarrer après avoir beaucoup bu la veille ?» (Ca dépend, le lundi il m'en faut bien trois... de jus d'orange bien sûr !) 
 
«Mal comprise». En découvrant le questionnaire de la MGEN (Mutuelle générale de l'Education nationale) dans le cartable de sa fille, 6 ans, Sandrine n'en est pas revenue. Des dizaines de questions sondent la vie privée de sa famille, un alcoolisme par ci, une dépression par là, ou des problèmes psychologiques. Et on peut même lire : un membre de la famille «a-t-il déjà tenté de mettre fin à ses jours ? Si oui, est-il décédé ?» (Là c'est pour savoir si "génétiquement" vous êtes performants dans tout ce que vous entreprenez)

Choquée, Sandrine a refusé de répondre. Dans d'autres écoles parisiennes aussi, des parents ont protesté contre l'indiscrétion des questions et la peur de ne pas rester anonymes. La FCPE-Paris, la première fédération de parents d'élèves, a alors contacté les chercheurs de la fondation MGEN pour en savoir plus. Ils sont venus expliquer leurs objectifs lors d'une réunion. Sans parvenir à convaincre tous les parents. Devant les remous, le 30 avril, la Ville de Paris, chargée de la santé scolaire, a suspendu l'opération. (ils auront essayé quand même, plus des deux tiers des parents Parisiens ont répondu... ça fait réfléchir !) Un conseil de la FCPE prévu aujourd'hui pourrait être décisif : si les parents d'élèves maintiennent leur opposition, la ville pourrait abandonner. «On ne peut pas continuer une étude si elle est mal comprise», résume-t-on au cabinet de l'adjoint à la santé. (ben tiens)

«Un numéro». C'est l'histoire tout à la fois d'un vaste malentendu et d'un manque de respect vis-à-vis de parents sollicités pour une étude peu banale. Les chercheurs, convaincus de l'importance de leur recherche, se sont contentés d'une lettre d'explications, assurant notamment que toutes les garanties d'anonymat avaient été prises et approuvées par la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés).

Le rectorat et la mairie de Paris n'avaient pas plus prévu l'ampleur des réactions. Les médecins et inspecteurs scolaires ont été informés. Mais rien de plus. Or toutes les parties reconnaissent aujourd'hui que le thème de la santé mentale est extrêmement délicat en France, encore plus lorsqu'il s'agit d'enfants, quasiment un tabou... (surtout dans un pays où le président nouvellement élu veut dépister dés le plus jeune âge, la dangerosité des adolescents à venir...)

«Le fait que j'ai été déprimée ou que j'ai bu ne regarde pas l'Education nationale, tranche Sandrine. En plus on nous parle d'anonymat, mais le dossier de ma fille porte un numéro. C'est une marque de mépris de l'Education nationale. Le questionnaire demande au moins deux heures de boulot et remue des tas de choses à l'intérieur.» 

«Nous sommes tout à fait à l'aise pour répondre, explique Edouard Rosselet, inspecteur d'académie du premier degré. J'ai en effet donné l'autorisation de diffuser l'enquête dans les écoles, car il y avait toutes les garanties requises : la Fondation MGEN a pignon sur rue, et la Cnil avait donné son feu vert.(ah ben si la CNIL a donné son feu vert alors...) En plus, cela se fait sur la base du volontariat.» L'inspecteur reconnaît toutefois qu'il y aurait pu avoir «une information plus complète adressée aux parents». Fataliste, il rappelle qu'un récent questionnaire sur les poux a aussi provoqué des remous.

Catastrophe. A la veille de la réunion de la FCPE, les chercheurs refusent de s'exprimer ouvertement. Pour eux, un abandon serait une catastrophe. La santé mentale des enfants est peu étudiée, ils rêvaient de travailler sur des thèmes comme l'anxiété de la séparation ou la surprotection. Ils venaient d'obtenir de Bruxelles le feu vert pour mener des études similaires dans plusieurs pays européens. «Je comprends que certains ne veuillent pas répondre, mais pas qu'ils empêchent les autres», confie l'un d'eux. (autrement dit on a le droit, pour l'instant, de résister à ce genre de choses, mais il faut laisser faire... comme si on avait demander à ceux qui refusaient de voir les nazis sur le territoire français, de se plier à la majorité silenncieuse qui acceptait sans rien dire... c'est la mentalité Sarkozienne... la majorité prévaut même si cela va à l'encontre de la morale et de la liberté individuelle. Nos dirigeants socialo-verdo-etc... feraient bien de se saisir de ce combat là, au lieu de passer des week end entier à pleurer sur le "débauchage" supposé de certains de ses membres, dont les français se moquent éperdumment... l'heure n'est pas à la lamentation unanime de comportements individuels mais bien à la mise en garde de nos concitoyens face aux méthodes qui les attendent, le 17 juin à 20heures il sera trop tard...)

Source :
Libération par Véronique SOULE

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