Arnaud Montebourg cultive l'esprit de résistance au mont Beuvray

Publié le par LIBERONS SEGOLENE

 

anti_bug_fckAu pied du mont Beuvray, dans le Morvan, les militants socialistes battent la semelle à l'abri, en attendant Arnaud Montebourg. Le moral des troupes n'est pas au rose. Combien de socialistes dans la prochaine Assemblée? Les plus pessimistes annoncent soixante. "Ceux qui tiendront, dans cette conjoncture seront inébranlables", assure un militant. "C'est peut-être ce qu'il nous faut pour se reconstruire, dit son voisin. Après les législatives, nous perdrons les municipales. Nous serons peut-être en position de reconquête pour les régionales en 2010." Le député socialiste de Saône-et-Loire arrive enfin, accompagné de son jeune fils. Depuis trois ans, le chef du courant des rénovateurs a pris l'habitude d'emmener pique-niquer ses fidèles au sommet du mont Beuvray, chaque lundi de Pentecôte, comme François Mitterrand le faisait sur la roche de Solutré, à l'autre bout du département – non par mimétisme, assure son entourage, mais pour protester contre la décision de Jean-Pierre Raffarin d'imposer la journée de solidarité.

Le site, à cheval sur la Nièvre et le département de Saône-et-Loire, est le symbole d'une résistance antique : au sommet du mont Beuvray se trouvent les restes de Bibracte où, en 52 avant J.-C., Vercingétorix fut proclamé chef de la coalition gauloise et où César, après sa victoire d'Alésia, passa l'hiver à rédiger "les commentaires sur la guerre des Gaules".

Après la grimpette, pas d'agapes, mais de brefs discours. Philippe Baumel, le vice-président du conseil régional de Bourgogne lance un appel à "serrer les rangs, s'unir pour aller de l'avant, dévoiler le vrai visage de la droite". Christian Paul, député de la Nièvre, entre dans le vif du sujet : "Il faut une nouvelle génération pour construire une gauche et un PS nouveaux." M. Montebourg, qui met toute son énergie dans la campagne pour conserver sa circonscription de la Bresse, où Nicolas Sarkozy est arrivé en tête avec 53% des suffrages, a appris à marcher sur des œufs. "Les forces de la gauche sont sans boussole. Il nous faut inventer une nouvelle gauche, ouvrir les portes et les fenêtres à la société tout entière, réinventer nos modes de discussion. Il faut le faire sans heurts et sans querelles." Mais, pour l'heure, il prône prudemment le "rassemblement de toutes les forces dans un esprit de résistance".


Source : Sophie Landrin pour Le Monde

Publié dans Actualités

Commenter cet article